Yvonnick, participant à un essai clinique en diabétologie
Le texte du témoignage
"Je suis à la retraite, j’ai 66 ans. Auparavant je travaillais dans un hôpital. Je suis diabétique depuis une vingtaine d’années, suivi régulièrement à l’hôpital Saint-Louis.
Je savais que des essais cliniques, cela existait. Je faisais confiance au médecin qui me suivait. Un jour, il y avait plein de papiers sur son bureau et il m’a dit : « J’ai pensé à vous. Est-ce que vous ne voudriez pas participer à un essai clinique et je lui ai dit « pourquoi pas ? ».
Le médecin qui m’a reçu m’a d’abord demandé si je voulais bien participer, ensuite il m’a expliqué les buts de cet essai clinique, il s’agissait de tester une nouvelle forme d’insuline et surtout une nouvelle administration de l’insuline. Il me disait que cet essai pourrait mettre au point peut-être une insuline par voie respiratoire.
C’était un essai international, très protocolisé, très organisé, je serais un parmi les 400 ou 500 personnes qui seraient dans l’essai. Peut-être que je ne bénéficierai pas du traitement nouveau et que j’aurai le traitement ancien, simplement comme point de repère. Autrement il m’a garanti que cela resterait anonyme, mais qu’il y aurait beaucoup de contraintes pendant l’essai.
Je me suis senti d’abord davantage suivi pour mon diabète, j’avais plus d’examens, plus de contrôles. Les médecins ont toujours été accueillants, à chaque fois qu’il y avait des examens un peu pénibles on me prévenait et cela se passait plutôt bien. Par contre, aucune idée sur les résultats de l’essai.
Je suis allé jusqu’au bout de l’essai bien qu’inquiet parce que quand j’avais un rhume qui se prolongeait je l’attribuais plutôt au médicament nouveau et à la nouvelle forme d’administration puisque c’est par voie aérienne à la place des piqures et je me disais : « Ah, c’était quand même mieux quand j’avais mes piqures ! ».
Je pouvais toujours téléphoner au médecin investigateur pour lui demander ce qu’il fallait faire.
L’impact sur mon taux de diabète n’a pas été sensible. Je pense que j’ai quand même fait plus d’hypoglycémie avec ce mode de traitement que précédemment. Et puis, l’essai devait montrer que le traitement était plus confortable et moi j’ai trouvé que c’était moins confortable, je l’ai dit au médecin.
Ce sont des recherches tellement longues, difficiles, interminables, il faut qu’on s’y mette tous pour améliorer et trouver des choses nouvelles. C’était une toute petite pierre dans un grand jardin."
Témoignage d’Yvonnick, patient
Mis à jour 26/04/2010
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